Les GAMINES qui s'enflamment et qui mordent jusqu'au sang

Les GAMINES qui s'enflamment et qui mordent jusqu'au sang
Tout change, tout s'écoule. Depuis que nous avons tous la possibilité de pister ce qui viennent visiter nos fiches, les jeunes guenons s'enflamment, oublient qu'elles sortent tout juste de la puberté et mordent jusqu'au sang. Voici un petit florilège d'insultes que j'ai reçues depuis quelques jours, avec les meilleures intentions d'un couple de donzelle qui pètent les plombs :

« je pe savoir se ke t venu foutre sur ma fiche pcq la serieu je voi tes tof et je voi pa du tt mdr bref vla !! et reiven pa stp sa me fai de la movaise pub [...] »
-___-----__----de SKY6°°°°__---_____


« Vasi ta craker ou koi jaimeré pa me dévaloriser en metan a coté d'une prostitué ? nn en plus t une renoi la honte!!!!! tu mme fai de la peine tu c ...... »
_---____----de bblackg°°°°° Fille, 18 ans, dunkerque (59 Nord)--__---___--



Grâce à la bonne volonté de chacun, tout est banni. Lancer des défis à une personne du même sexe, qui se croit vertueuse bien sûr (normal, on ne peut pas " test " Bblack°°°°), encore une pratique à bannir. Grâce à cette jeune fille du 59 (noire ou pas, pour ma part je m'en fous) j'ai pu goûter aux joies simples du racisme et de la calomnie facile. Me voilà devenue péripatéticienne et supérieure aux blanches en quelques lignes, tout ça parce que j'avais osé lancer un « défi » virtuel sans intérêt ni récompense à une pauvre écervelée qui prend sa fiche pour une chasse gardée.
Pis encore, Sky69 m'insulte car je viens juste visiter sa fiche, ce qui fait de moi bien entendu une lesbienne; et lorsqu'on sait que 90% des skynautes sont homophobes...

Mais je ne m'y trompe pas, car ce qui m'effraie ici, c'est bien la moralité développée par ces incultes analphabètes (« pcq la serieu je voi tes tof» ou encore «Vasi ta craker ou koi», diatribe O combien élégante pour des gamines). Alors oui, il y a 2 photos de moi, dont une où je suis en nuisette. Mes intentions sont claires, que l'on vienne un peu voir ce blog et visiter en conséquence ceux de mes amis, Antoine75 ou Maybebaby, par exemple. LA FIN JUSTIFIE LES MOYENS? Ici, mon tort est d'employer un moyen (les photos sexy) qui ne convient pas avec une fin sans intérêt. Finalement, que gagne-t-on à se faire visiter? Parfois un appareil photo? Pour ma part, je ne fais pas attention à ces concours. Quel utilité alors de gagner un défi? Aucun justement.
Nous ressentons pour la plupart ce besoin de voir nos visiteurs croîtrent à chaque minute alors même que pour beaucoup, nous n'avons rien à raconter, aucun texte original à présenter ni aucune photo qui sortirait de l'archétype : « Téma C MA MEILLEURE AMIE. J'TE KIFFE TROP TOI, JE TE KISSE, MOUAHHH ».

Est-ce que j'y peux quelque chose moi si sur ce skyblog 300 commentaires vont à ma photo et quasiment aucun ne sont destinés aux textes sur les mythes?

IL Y A UN VERITABLE CLiVaGe selon moi. Pas celui qui scindent en deux les filles aux photos sexy (et non pas carrément sexuelles) et celles qui choisissent de ne pas tomber dans l'érotisme. NON! Le fossé se creuse entre ceux qui revendiquent ouvertement leur ignorance, y compris envers leurs propres cultures, et ceux qui émettent parfois quelques idées intéressantes. CA ME FAIT une BELLE JAMBE d'être une « FEMME DE COULEUR »! Mais ce n'est en aucun cas mon taux de mélanine qui détermine mes racines caribéennes!!! Des amis blancs le sont autant que moi.

Adina

# Posté le mardi 15 août 2006 09:15

Modifié le mardi 22 mai 2007 14:01

VIRUS MYTHOLOGIQUEMENT TRANSMISSIBLES -par Nt1bel-

VIRUS MYTHOLOGIQUEMENT TRANSMISSIBLES -par Nt1bel-
Les mythes archaïques et antiques semblent abolis. Leur rôle de guérisseurs, les vertus de l'Eternel Retour, envolés. À l'image de Tolkien, nous créons nos mythes modernes pour asseoir des généalogies nationales. Le « Nationalisme intégral » vit sous nos yeux un essor faramineux, aidé dans sa quête par la mimésis qui consiste parfois à faire comme si, sans même une once de connaissance. On ne parle plus, finies les structures verbales. Place au silence et aux passions tristement politiques. Place au spectacle mythique.
Mesdames, messieurs, entrez donc ! Les déchetteries à ciel ouvert, nos médias, notre Hollywood, notre Amérique, notre ésotérisme, vous souhaite la bienvenue. Pornorama, divination du réel et réalité fantasmée vous attendent entre ses lignes et leurs courbes girondes.
Les « Virus Mythologiquement Transmissibles » symbolisent la mort de la pensée. Barrès, Maurras, Kémi Séba, Berlusconi, de Villiers, Le Pen, Louis Farrakhan se tapissent dans ces paragraphes. Les mythes vous ont eus ! Toute résistance est inutile.

Doucement, douce mort à volonté.


LA CONDITION HUMAINE PERDUE

Impossible d'évoquer les mythes sans en apporter une première définition littérale. Voici ce que l'on peut lire dans Le Petit Robert : « Récit fabuleux, transmis par la tradition, qui met en scène des êtres incarnant sous une forme symbolique des forces de la nature, des aspects de la condition humaine. » Le mythe est un récit sacré qui narre l'Origine du Cosmos, le Chaos originel et la rencontre entre les quatre éléments que nous connaissons : l'Air, la Terre, l'Eau et le Feu.
Si nous décidons à présent d'aller au-delà le philosophe allemand Hans Blumenberg écrivait en 2001 dans La raison du mythe : « Le mythe intervient lorsqu'un rite, une cérémonie ou une règle sociale ou morale demandent une justification, une garantie d'antiquité, de réalité, de sainteté. » Le XXe siècle ainsi que le XXIe entretiennent une ambiguïté redoutable. Alors que les sociétés dites archaïques savaient distinguer mythe, fable et fantaisie, nous sommes aujourd'hui incapables d'en faire autant. Illusions ? Histoires vraies ? Mircea Eliade affirmait que connaître les mythes, c'est apprendre le secret de l'origine des choses. Depuis Julien Benda et La trahison des clercs, nous savons qu'au spirituel, les gardiens de nos temples ont préféré le réel et la pratique. Le nationalisme plutôt que l'Universel. Les frontières au détriment du Cosmos. En 2006, globalisation rime souvent avec oubli du sens. Nos fantaisies apportent une justification à la consommation sans aucune compréhension. Les Temps Primordiaux sont oubliés.
Par exemple, chez les Osages, une tribu nord-américaine, dès sa naissance, le nouveau né voit se voit compter l'origine de l'Univers, le mythe cosmogonique. Puis, alors qu'il est en âge de manger autre chose que des aliments pilés, le jeune garçon écoute les mythes, apprend d'où viennent ces céréales qui le nourrissent. Il n'est pas question ici de sornettes publicitaires au sujet d'un chien hystérique prêt à vendre sa mère pour un grain, d'un petit garçon avare et d'un champ de céréales chocolaté.

La quête du sens abolie, les phratries s'égorgent dans un joyeux fatras. Le Choc des Civilisations annoncé entre Islam et Judéo-christianisme participe d'une loi universelle de bipartition, voire de tripartition. Or pour comprendre que malgré des totems différents nous sommes liés, il faut savoir pourquoi Saint Paul, dans son Epître aux Romains s'en prend aussi radicalement aux Juifs et aux Grecs. Et pourquoi le Saint Coran, tout en reconnaissant les précédents prophètes, se démarque des Juifs et des Chrétiens qui ne voulurent pas voir en Muhammad le dernier des prophètes. La Condition humaine passe par le bûcher des vaniteux. La fin du roman d'André Malraux ne pourra plus contenir cette pensée : « Tous souffrent (...) et chacun souffre parce qu'il pense ». Nous ne souffrons plus dorénavant ! Nous purifions notre sang aux frontières.

« En vérité, Allah ne modifie point l'état d'un peuple, tant que les individus qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. » Le Saint Coran, Sourate 13 (Le tonnerre), Verset 11


SI TU VEUX LA PAIX, PREPARE TES MYTHES

L'aspect des mythes qui ostracisent aujourd'hui l'Occident, soit par ce fantasme européen d'une Asie comme espoir eschatologique d'une renovatio universelle, soit par le rejet de l'Afrique est clairement un ethnocentrisme. Certains enfants de l'Action française, les nostalgiques du IIIe Reich voient en l'Inde le berceau de la Synarchie, cette fumeuse théorie des Rois du Monde décryptée par René Guénon. Fascination pour les castes, croisades contre l'individualisme, transcendance par la Nation ethnique. Autant de thèmes qui dépassent de loin les frontières de l'Inde mythique pour aller diviser la Côte-d'Ivoire, le Guatemala, Le Libéria, la douce France ou le Soudan.

Les civilisations sont la résultante de siècles de guerres, de commerce et de transmigrations. Des bords de la Méditerranée jusqu'aux confins de l'Asie, à ces civilisations indo-européennes qui de Mithra à Mars ont fondé Rome et à cette civilisation nègre soudano-égyptienne, Cheikh Anta Diop (1923-1986), René Guénon (1886-1951), Lucien Lévy-Bruhl (1857-1939), Bronislaw Kaspar Malinowski (1884-1942) ou Georges Dumézil (1898-1986) leur ont consacré des vies entières. Fernand Braudel (1902-1985) regroupait ces imbrications sous le patronyme de Télé-histoires. L'Occident, comme toute civilisation, se nourrit de « mondes en apparence défunts et qui cependant vivent toujours ». Et cette continuité historique et fondatrice a connu son ciment. L'impérialisme romain et la Pax romana représentent sinon l'essence de l'Occident, son principal promoteur aux côtés du christianisme. Empereurs et rois firent des mythes et de la religion un véritable instrument pour asseoir leur soif d'irrédentisme.
Ferdinand II d'Aragon, roi d'Aragon en 1479 et qui participa à faire de 1492 l'Année cruciale, mit fin à la dynastie arabe de Grenade en Andalousie. Il fut à l'origine du décret d'Alhambra qui expulsa les Juifs d'Espagne. Ferdinand et son épouse Isabelle feignaient l'indignation religieuse pour pouvoir massacrer au nom du Christ. Car ainsi que nous l'a enseigné l'oncle Machiavel, le Prince doit toujours penser à la guerre, surtout en temps de paix ! Aujourd'hui, ce serait plutôt : Si tu veux la paix, prépare tes mythes.


# Posté le mardi 11 juillet 2006 13:18

Modifié le samedi 26 mai 2007 03:03

La CRISE MYTHIQUE -I- (par Nt1bel)

La CRISE MYTHIQUE -I-  (par Nt1bel)
Il a tout dit ! Insensé. Aimé Césaire se retire paisiblement. Françoise Vergès nous l'apprend en publiant un livre d'entretiens : « Nègre je suis, nègre je resterai ». Césaire se dévoile tel un Zarathoustra, sans ressentiment ni mélancolie mais toujours avec cette chaleur humaine envers les Martiniquais qu'il croise au hasard de ses promenades, au détour de ses pensées. Malgré « Cahier d'un retour au pays natal » ou « Discours sur le colonialisme », malgré Fanon ou Chamoiseau, je ne sais rien de Papa Césaire. C'est la raison pour laquelle il influence ces quelques lignes qui font en quelque sorte suite à l'article « L'Empire n'a jamais pris fin ».

LORSQUE LES FANTASMES DEVIENNENT MYTHES

La France restera en ébullition ! Code Rouge, niveau 5 du Plan Vigidentité. Le « métis fondamental » n'est pas près d'être accepté par ce pays, pas plus d'ailleurs que le « Nègre fondamental ». L'Hexagone rejette le principe d'acculturation et préfère rester dans ses fantasmes orientalistes, dans sa méconnaissance de l'Afrique ou de l'Asie. L'Islam n'est plus percue que comme une religion de désespérés. Selon Albert Memmi, auteur de « Portrait du colonisé », dans le cadre d'une affirmation de soi, un retour aux coutumes et aux héritages culturels est indispensable. Voilà une étrange Odyssée, un chemin de croix teinté d' « identités meurtrières » , particulièrement dans une contrée qui ne cessera, consciemment ou non, de penser Intégration plutôt qu'Acculturation, Assimilation plutôt qu'Intégration.

À un tel carrefour identitaire, il est intéressant d'invoquer les Archétypes. Littéralement ce mot signifie « modèle primitif ». Selon le psychologue Carl Gustav Jung, les archétypes représenteraient tout un ensemble d'images ataviques appartenant au patrimoine de l'humanité, cette matrice que le grand spécialiste moderne de l'interprétation des rêves nommait « Inconscient collectif ». Ces archétypes sont présents dans les mythologies, les légendes, et jusque dans nos rêves. Là encore, il faut manier l'oniromancie, la discipline d'interprétations des rêves, ou encore le concept des archétypes avec des pincettes. L'inconscient collectif jungien est un concept clairement occidental.
Face à ces archétypes, il y a par exemple les relations que l'ethnologue Michel Perrin a entretenues avec les Guajiro, cette communauté amérindienne d'environ cent mille âmes qui vit en partie dans une péninsule semi-désertique partagée entre le Venezuela et la Colombie. Pour les Guajiro, être chamane, c'est pouvoir communiquer à volonté avec le « monde-autre », ce territoire invisible peuplé de dieux, d'esprits, de spectres et d'ancêtres de toutes sortes. Un futur chamane doit pouvoir être une passerelle entre le « monde-ci » et l' « outre-monde ». Il doit devenir en quelque sorte ce que le Zarathoustra nietzschéen annonçait : Un nouvel être.
Dans ce cas, si les rêves et la culture des Guajiro sont les fils d'un inconscient collectif universel, si les Incas ou les Ibos font effectivement partie intégrante d'un splendide patrimoine mondial, où diable sont-ils passés ? En Europe, à quelle parcelle inconsciente appartient l'Afrique ? Précisément à des fantasmes primaires que l'on attribue depuis des siècles à de véritables archétypes. Autrement dit, à des concepts récents et parfaitement ségrégationnistes dont nous renvoyons la parenté aux Calendes grecques. Et malheureusement, cette entreprise rencontre un franc succès aux quatre coins du globe.

Difficile d'évoquer certains mythes modernes en passant sous silence l'œuvre de Claude Lévi-Strauss ou de Roland Barthes. Et pour ce dernier, aucune chance de passer à côté de son ouvrage « Mythologies ». L'analyse de Barthes est une charge contre la bourgeoisie, mais pas uniquement :
« La fin même des mythes, c'est d'immobiliser le monde : il faut que les mythes suggèrent et miment une économie universelle qui a fixé une fois pour toute une hiérarchie des possessions. Ainsi, chaque jour et partout, l'homme est arrêté par les mythes, renvoyé par eux à ce prototype immobile qui vit à sa place, l'étouffe à la façon d'un immense parasite interne et trace à son activité les limites étroites où il lui est permis de souffrir sans bouger le monde : la pseudo-physis bourgeoise est pleinement une interdiction à l'homme de s'inventer. »
Pour les héritiers d'une histoire piétinée par des siècles de colonisation et de « déculturation », pour ceux qui se cherchent dans la Créolité, ou dans le souffle des chamanes de tout continent, il est difficile de lutter face à des phénomènes d'aliénation de masse. Les fantasmes instaurés par une Europe ethnocentrique, puis sanctifiés et psalmodiés à des millions de spectateurs par la formidable machine américaine, interdisent à des millions d'hommes de s'inventer et de faire l'inventaire de leur réel.
Ces inconscients collectifs et ces mythes sont également d'une rare virulence à l'encontre des communautés juives. « Le juif errant » n'est toujours pas arrivé à bon port, cycle Durban oblige. Selon Albert Londres, Jean-Paul Sartre ou encore Albert Memmi, c'est l'antisémite qui crée la figure du « Juif imaginaire » ou encore le raciste qui érige en muraille le complexe d'infériorité des Noirs. Trop rationnel, trop dialectiquement correct selon Frantz Fanon. Une chose est sûre, le grand bazar des mythes trouve son aboutissement dans l'ignorance et dans le rejet de toute forme de culture.

Voilà deux ans Jean Bernabé, linguiste, romancier et co-auteur de « Éloge de la Créolité » rendait hommage à Aimé Césaire qui fêtait alors ses 90 ans. Cet extrait du discours de Bernabé vient appuyer cette vision d'une dictature des mythes :
« Une vision fixiste de l'univers colonise nos représentations, hypothèque notre rapport à l'idée même de civilisation et actionne nos comportements (...)
La négritude n'est pas dépassée. Elle sera à l'ordre du jour tant qu'il y aura des Nègres. Et il y aura des nègres tant qu'il y aura des êtres méprisés, rabaissés, ravalés, exclus d'eux-mêmes et de leur authenticité (...)Et ce qu'il nous faut, ce n'est pas la culture du métissage mais bien le métissage des cultures »

Pour le moment, négritude ou blanchitude ne sont transcendées par aucune autre logique d'ouverture. Les archétypes empoisonnent l'ensemble des sociétés humaines. Ils ont la vie éternelle du côté du Véritable Barbare, celui qui est à l'aise sous l'égide de sa Nation et qui croit à la barbarie (Claude Lévi-Strauss : « Race et histoire »).


# Posté le vendredi 02 décembre 2005 10:59

Modifié le mardi 18 juillet 2006 12:45

NO SATISFACTION! GiMME FIGHT, GIVE US SHELTER!!!!!!!

NO SATISFACTION! GiMME FIGHT, GIVE US SHELTER!!!!!!!
« Just call me lucifer / 'cause I'm in need of some restraint /
So if you meet me / Have some courtesy. »


Si Mick Jagger pouvait se fondre à merveille le temps de « Sympathy for the Devil » dans la peau de l'ange déchu, c'est bien parce qu'on avait besoin de lui ! Et comme l'écrivait William Burroughs, le Diable, c'est le « besoin absolu ». Absolue fut la fuite en avant des années 60 ! De Londres à San Francisco jusque sous les pavés parisiens, le ROCK des années Viêt Nam répondait à un besoin. Elvis, Chuck Berry et Bill Haley n'étaient pas allé assez loin dans ce que François Bégaudeau nomme la « Négritude du rock « (" Un Démocrate : Mick Jagger 1960-1969 "). Dans le métissage des musiques. Fini l'insignifiant appendice représenté par le " n' Roll ". Reste alors les débuts des Beatles et de leur rock qui, très vite, se fondera en art, en POP-ART. De recherches mystico-psychédéliques en retraite ascétique au sein des studios d'Abbey-Road, les quatre scarabées se sont vite éloignés des influences du King. Jefferson Airplane sera également l'un des fers de lance du mouvement psychédélique dont les ramifications se sont étendues à la Funk de George Clinton et des Parliament Funkadelic, jusqu'à nos jours à travers des groupes comme Daft Punk.
Les Rolling Stones, eux, ont fait trembler les murs des sons !


À LA CROISÉE DES CHEMINS

Du riff Richardesque de « Can't Get No Satisfaction », en passant par « Gimme Shelter » et par le fondamental LP « Beggars Banquet », le duo quasi fraternel Jagger/Richard aura passé en revue les grandes ficelles du blues et de la country.
Or c'est précisément dans les années 60 que la " soupape de sécurité " qu'était le Blues dépérit. Simple " art " pour les uns ou acceptation pure et simple de la ségrégation raciale aux États-Unis pour les autres, la voie originelle empruntée par des artistes comme Robert Johnson (the one who sold his soul to the Devil, at the crossroads) ne fait plus recette. Et durant une poignée d'années, les Stones ont en quelque sorte pris le relais, devenant la courroie de transmission du Chaos mondial et des battements d'ailes de milliers de papillons assoiffés. Autrement dit, par les luttes des Afro-américains, par l'assassinat de JFK et le Viêt Nam, la destitution de Khrouchtchev et avènement de Brejnev, par « Les Damnés de la Terre » et la Guerre des Six jours, la génération 68 a vu se former sous ses oreilles encore vierges quelqu'un des grands mouvements culturels, sociaux et politiques du XXème siècle. Dans ce fracas de bombes et de luttes d'indépendance, les Rolling Stones n'ont été qu'énergie et raideur. Lancée, la formation roulait à la vitesse des riffs de Keith Richard. La fête fut de courte durée.


BAD VIBRATIONS

Selon la "théorie" du journaliste et écrivain François Bégaudeau, les pierres se seraient écrasées en décembre 1969. (Si vous souhaitez savourer la lecture de cet excellent petit livre, NE LISEZ PAS LES LIGNES SUIVANTES).
La Fin de la gigantesque catharsis que furent les sixties aurait sonné le glas de la formation. 1969, fin de l'érotisme, au diable les hippies et leur naïveté. Woodstock clôt les rêveries pendant que Manson et ses horribles disciples éventrent Sharon Tate, alors enceinte. Le rock serait-il mort durant le célèbre concert gratuit au Altamont Speedway du 6 décembre 1969 ? Concert durant lequel Meredith Hunter], ce spectateur noir, alors âgé de 18 ans, sera battu à mort par les Hell's Angels. À la question, Hunter en sortant un revolver, voulait-il tirer sur Jagger a peu d'importance. C'est pourtant en visionnant les rushes du documentaire « Gimme Shelter » que Mick Jagger aurait refermé la « parenthèse hybride » des Rolling Stones. Adieu au métissage social ? Brian Jones venait de crever. Jagger tenait lui à son existence. Les poèmes des écorchés vifs qui se croient omniscients et n'ont qu'un temps Métempsycose ? L'âme noire du chanteur aurait-elle migré au-delà de notre tropopause ? Peur du geste que Hunter aurait pu accomplir ou sa mise à mort ? Angoisse définitive face à l'image une foule enragée ? BAD VIBRATIONS !En 1977, le Punk viendra balayer définitivement les vieux briscards avec le slogan « No Rolling Stones » avant de crever à son tour au sein d'une décennie souvent mal appréciée.
... 2005 : WAITING PERIOD ! (Hubert Selby Jr.)


[i]« L'attente ne console pas » Maurice Blanchot

Nt1bel -20 mai 2005-

# Posté le vendredi 20 mai 2005 20:13

Modifié le mercredi 03 mai 2006 17:04

FIRE NEXT TIME ? La mémoire de la traite transatlantique mise en vente (par Nt1bel)

FIRE NEXT TIME ? La mémoire de la traite transatlantique mise en vente (par Nt1bel)
Depuis plusieurs semaines, le sujet a le vent en poupe dans la presse franco-parisienne. L'ESCLAVAGE (comprenez pour l'heure deux des traites négrières que furent la traite transatlantique et celle que l'on peut nommer « orientale ») fait les gros titres. La raison principale ? Certainement pas les retombées de " L'année internationale de commémoration de la lutte contre l'esclavage et de son abolition " proclamée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 2004.
En juillet dernier France 3 diffusait un sujet qui proclamait, sans que cela ne suscite aucun commentaire, que tout le monde avait eu ce qu'il voulait grâce au bon Victor Schoelcher. Que la députée guyanaise Christiane Taubira-Delannon avait terminé le combat de beaucoup d'Antillais et de descendants de déportés. L'erreur journalistique reste le point final. Il y a eu un point final à ce sujet. Aucun mot sur l'éducation, sur un devoir de mémoire qui devrait bouleverser les Français autant que le " passé qui ne passe pas " (H. Rousso) vichyste.
Si même le service public véhicule de telles idées, pourquoi revenir sur ces siècles insignifiants en cet an 2005 ? À cause du triste clown Dieudonné Mbala Mbala ? En partie, par ses déclarations trop médiatisées, l'humoriste permet à un auteur comme Olivier PETRE-GRENOUILLEAU de revenir sur son livre " Les traites négrières : essai d'histoire globale " dans les colonnes du Monde. Le double tranchant médiatique est ici évident.
" Le malaise noir " comme titrait le quotidien Libération le 18 février dernier grandit. Alors pourquoi en oublier l'une des causes principales , c'est-à-dire la non-reconnaissance d'une mémoire commune aux colonisés et aux colonisateurs et surtout à leurs enfants ? Pourquoi Libération, le jeudi 17 mars, annonçait uniquement dans une brève, à la rubrique culture, que l'État préemptait des " pièces manuscrites liées à la traite des esclaves à l'Ile Bourbon (La Réunion), à la fin du XVIII ème siècle. " ? À en croire les médias, la salle 10 de l'Hôtel Drouot aurait due être paisible ce jeudi 17 mars, aussi calme et figée qu'une société française qui risque de connaître le feu.



« NOUS SOMMES TOUS DES ENFANTS D'ESCLAVES »

Ce jeudi 17 mars, ils ne sont qu'une petite dizaine à s'être pressés à 11 heures dans la salle 10 de l'Hôtel Drouot où sont exposés les documents incriminés. Mais très vite, une foule commence à s'amasser devant la vitrine. La rumeur monte et tous ceux qui attendaient à l'entrée de la salle des ventes aux enchères arrivent. Même si on sait que la veille, l'Etat a fait jouer son droit de préemption sur deux lots concernant les esclaves sur l'Ile Bourbon, le lot n°1 (qui concerne des correspondances d'esclavagistes en Guadeloupe), reste sous la vitrine avant la vente prévue demain. Ce jeudi, l'heure est à l'action médiatique pour le Collectif des Filles et Fils d'Africains Déportés (Coffad) et sa vice-présidente Joby Valente. Quelques médias communautaires ont fait le déplacement. Une journaliste qui semble travailler pour la " presse parisienne " est fraîchement accueillie.
Joby Valente scrute les documents quelques instants. La première question ne tarde pas et elle provient de Jocelyn Chaubo, de l'association Kolors. La vice-présidente du Coffad commence son plaidoyer, exprimant son indignation face à cette vente. Les revendications sont précises et en tête de celles-ci, une LOI contre la mise aux enchères de documents provenant des traites négrières (Rappelons que si la LOI dite TAUBIRA votée le 10 mai 2001 qui reconnaît comme crimes contre l'humanité, la traite négrière transatlantique et l'esclavage qui en a résulté, avait été appliquée, ces documents ne pourraient être mis en vente. Car comme le rappelle madame Taubira-Delannon, l'article 1128 du Code Civil dispose qu' : " Il n'y a que les choses qui sont dans le commerce qui puissent être l'objet des conventions. " Ce cher Bonaparte doit s'étrangler).
Minute après minute la foule se fait plus opaque autour de Joby Valente. Très vite, on scande : " Nous sommes tous des enfants d'esclaves ". " C'est fini, on ne se taira plus. Vos histoires de préemption ne nous intéressent pas " lance enfin l'ancienne artiste. Des documents sont soudain sortis de leur vitrine pour être montrés à tous. Les surveillants deviennent de plus en plus nerveux et un responsable de la salle des ventes est obligé d'intervenir pour calmer la foule. La cacophonie augmente. Dans ce brouhaha de conversations, on s'attaque notamment au commissaire-priseur de cette vente. " C'est comme Eichmann qui prétendait ne pas avoir eu de responsabilités " peut-on entendre de la bouche d'un jeune homme qui gâche une partie des revendications. Des revendications qui sont fondées et qui ne proviennent pas d'ignorants illuminés
.


HORS DE L'HISTOIRE, HORS DE LA MÉMOIRE

Si le Coffad a choisi la " voie de la justice " et les indispensables actions sur le terrain pour bloquer cette vente, ainsi que précédente qui avait finalement été annulée en janvier dernier, à Lyon, d'autres œuvrent sur un autre terrain.
Le lendemain, vendredi 18 mars, la salle n°10 a retrouvé son calme. On apprend en début d'après-midi que la vente n'aura finalement pas lieu (cf. PHOTO du document). Sur place, Alain Lascary, président de L'Union départementale de la confédération syndicale des familles de la Guadeloupe (CSF) surveille le bon déroulement des évènements. L'homme n'a pas l'air inquiet. Le lobbying auprès du Ministère de la Culture a été, selon lui, payant. Alain Lascary s'est vu assuré que l'Etat ferait jouer son droit de préemption à chaque vente à venir. On pouvait lire ce matin dans Libération, toujours à la rubrique CULTURE (sic) que le tribunal de Grande Instance de Paris venait d'ordonner " la suspension d'une vente aux enchères de documents sur la traite négrière contestée par une association de défense de la mémoire de l'esclavage ". L'avocat du Collectif des filles et fils d'Africains déporté (Coffad), Me Philippe Missamou aurait déclaré : " Pour nous, c'est une décision historique, le juge des référés a fait droit à nos arguments. "

Dans ce combat pour préserver une mémoire et les preuves qui l'accompagnent, ces associations, ces citoyens oeuvrent seuls. Inutile d'attendre des mots d'hommes politiques. Du temps des colonies, la Droite, comme la Gauche faisaient partie intégrante du système. Aujourd'hui, tous se taisent et ce n'est sûrement pas par hasard. Il suffit de relire Frantz Fanon ou Abert Memmi pour le comprendre.
Les sphères du pouvoir politique et médiatique, par leur silence, se conduisent encore comme si elle niaient les effets de la décolonisation. Comme si elles étaient atteint parce ce syndrome que Albert Memmi nomme le " complexe de Néron " (dans " Portrait du colonisateur "). Ce rôle de l'usurpateur qui falsifiait jadis les MÉMOIRES et l'Histoire notamment par la propagande active revêt aujourd'hui une forme passive. Se taire aussi nier. Ne pas investir l'espace médiatique et législatif par des signaux forts, c'est perpétuer l'ETHNOCENTRISME européen qui, dans le domaine de l'histoire ou de la géographie, est responsable des comparaisons souvent inapropriées. " L'Occident et sa bonne parole " (Karoline Postel-Vinay) n'admettent pas que l'Histoire telle qu'on l'enseigne dans leurs établissements scolaires soit négationniste par ses silences. Pour ne plus entendre sans cesse que le peuple juif, est favorisé par rapport aux descendants de siècles de colonialisme et d'esclavage, il ne faut pas laisser l'histoire des colonies et traites négrières se disperser au gré de la libido de certains particuliers.
La POSTCOLONIALITÉ énoncée par Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Françoise Vergès dans " La République coloniale : Essai sur une utopie " donne des pistes de réflexions.
" L'Empire apparaît comme un non-lieu de mémoire de l'histoire de la nation et plus encore de la République " comme le rappelle ce collectif. Hors de la mémoire, hors de l'histoire ! Les efforts de mémoire, aussi pénibles fussent-ils sur d'autres thématiques comme au Maroc ou encore Argentine, sont les seuls moyens pour opérer une révolution des esprits. Dans le cas de la France, les procès et les pleurs télévisuels ne sont pas les solutions. D'ici là, nous traiterons toujours certains Français comme les colons le faisaient jadis. Avec cette " MARQUE DU PLURIEL " (Memmi), cette dépersonnalisation, ce racisme, source de l'Impérialisme européen.

Joby Valente a rappelé, lors de la manifestation du Jeudi 17 mars à l'Hôtel Drouot, que cette fois-ci, certains continuaient à faire " confiance " à la justice française, mais que ce ne serait pas toujours le cas.
En mai prochain, une vente de documents est prévue dans la ville de Bordeaux. Que se passera-t-il ? La vente aux enchères de cette mémoire n'est pas l'unique pan de ce qui menace à moyen terme la tranquillité de nombreux français qui ne veulent pas voir. En 1962, l'écrivain américain James Baldwin, dans " THE FIRE NEXT TIME ", laissait peser la menace d'une explosion sociale. LE FEU, si et seulement si les Noirs et les Blancs oubliaient leur dignité et leur Histoire. Cette " révolte absolue " ne peut être identique aujourd'hui dans l'Hexagone. La ségrégation existe bel et bien. Alors, la prochaine fois, le feu !

Nt1bel -Mars 2005-

# Posté le dimanche 20 mars 2005 16:30

Modifié le mercredi 03 mai 2006 14:54